LIBRAIRIE : le financement participatif, une fiche pratique et une journée de coaching


Le financement participatif connaît une forte progression depuis 2014. A l’origine conçu pour soutenir des projets associatifs ou culturels, ce mode de financement se développe à vive allure et touche aujourd’hui tous les domaines de l’économie. Selon l’association Financement Participatif France, qui publie chaque année un baromètre sur le crowdfunding, la France est passée de 152 millions d’euros collectés en 2014 à 297 millions d’euros en 2015 via les plateformes collaboratives.
Les libraires français se sont emparés de ce mode de financement, aussi bien pour pallier aux écarts de trésorerie entre les approvisionnements, les ventes et les paiements des comptes à termes, que pour des projets d’ouverture. A titre d’exemple, la plateforme Ulule concentre aujourd’hui près de 280 projets concernant le secteur de la librairie.


Le financement participatif, quelques notions

Le financement participatif peut prendre trois formes : le don (qui donne lieu ou non à des récompenses ou des contreparties non financières), le prêt (gratuit ou rémunéré) et l’investissement à travers la souscription de titres de capital ou de créance.

Les montants moyens récoltés sont très variables selon la formule. On compte  62 € en moyenne pour un don, 561 € pour un prêt rémunéré et 4470 € pour un investissement. 1,75 millions de français ont déjà participé à une campagne de crowdfunding au premier semestre 2015.

Les projets culturels sont essentiellement financés par des campagnes de dons, les plateformes de prêts accueillent quant à elles majoritairement des projets liés au commerce ou aux services de proximité. Les campagnes concernant les librairies se retrouvent à ce titre aujourd’hui pour la plupart sur des sites proposant le don de particuliers.

Dans une période où les banques demandent beaucoup de garanties, et dans laquelle les commerces de librairies connaissent des tensions très importantes dans leur trésorerie, le financement participatif apparaît comme une alternative au prêt bancaire ou comme déclic qui incite alors les banques à suivre les porteurs de projets. 

Aussi, tout créateur ou chef d’entreprise le sait, il faut pouvoir diversifier ses sources de financements. Le crowdfunding est une façon de diversifier son économie, mais en aucun cas il ne faut compter sur ce seul mode de financement, même si certaines sommes collectées affolent les compteurs.

Au-delà de l’aspect financier, une campagne de financement participatif est un formidable outil de communication. L’information est ainsi relayée sur les réseaux sociaux, reprise dans les médias et fidélise la clientèle en proposant à chacun de devenir plus qu’un client, un militant du lieu.


Le financement participatif en librairie, quelques exemples

Voici trois études de cas, pour trois projets très différents.
Ces trois exemples relèvent à chaque fois d’une problématique rencontrée par bon nombre de libraires au cours de leurs parcours.

  • Créer une librairie : Librairie Le Terrier à Paris

La librairie le Terrier, rue du Faubourg Saint-Antoine, a levé 5 660 € en 2014 et a ainsi proposé à une centaine de personnes de participer à la création de ce lieu au carrefour de plusieurs activités de proximité (libraire, restauration, rencontres littéraires…). A partir d’une excellente campagne de communication et un cercle solide de premiers contributeurs, la librairie a bouclé son plan de financement. Une vidéo présentant le projet, l’histoire des deux créatrices, un plan de la future librairie… et de nombreuses relances ont permis au Terrier de voir le jour.
www.facebook.com/leterrieraparis

  • Appeler à soutenir une librairie : Librairie A titre d’Aile de Lyon

Dernière librairie jeunesse de Lyon, A titre d’aile a lancé une campagne de financement participatif sur Ulule et a recueilli 63 600 € en quelques semaines (dont 50 000 € en seulement deux semaines) auprès de 1803 contributeurs. A l’aulne de ses 10 ans d’existence, une autorisation de découvert, pourtant importante dans la gestion de l’écart en trésorerie entre les approvisionnements, les ventes et le paiement des factures à terme, leur est refusée par leur établissement bancaire. La librairie, au bord de la fermeture, lance un appel au soutien des habitants du quartier de la croix-rousse, aux clients fidèles et réussi à combler ses déficit et pérennise même un emploi. Là aussi, la communication, bien maîtrisée, et incluse dans le budget de campagne, est un des clés de la réussite de ce financement.
www.atitredaile.com

  • Reprendre une librairie, La librairie des Volcans de Clermont Ferrand

Suite à la faillite du réseau Chapitre, la librairie des Volcans de Clermont-Ferrand doit fermer en 2014.
13 salariés décident de réinvestir leurs indemnités et de reprendre sous la forme d’une SCOP le commerce, et lance une campagne de financement participatif qui remplira plus de 200 % de ses objectifs : sur 20 000 € annoncés, 45 886 € sont levés.
www.librairielesvolcans.com


Comment réussir sa campagne ?

  1. Pour réussir sa campagne, il faut rentrer dans une logique concentrique.
    La communication qui accompagne les projets doit dans un premier temps atteindre un premier cercle, comme les amis, les clients fidèles, la famille, qui deviendront ensuite ambassadeur et relais de votre projet. Il faut ici bien cibler son premier cercle, et le sensibiliser à la fragilité de l’économie de la librairie pour s’assurer les premiers dons.
     
  2. Il faut également pouvoir bien définir son projet et la typologie du financement qui lui correspond le mieux : dons simples, avec contreparties, prêts solidaires, avec ou sans rémunération.  Vient ensuite le choix de la plateforme, pour laquelle les commissions s’échelonnent entre 4 % et 12 %.
     
  3. Quelle somme demander ?
    Une somme pas trop basse pour qu’elle puisse être pertinente et justifiée, mais une somme pas trop haute pour que l’objectif soit rapidement atteint.
     
  4. Pendant combien de temps ?
    Il est conseillé de ne pas faire déborder sa campagne sur plus de 60 jours. Le public et vous-même risquez de vous essouffler.
     
  5. Une fois que la cagnotte est atteinte, il faut communiquer sur le succès de votre campagne.
    L’exemple de la librairie A titre d’Aile de Lyon est un bon exemple : sans communication autour de la réussite du challenge financier, d’autres financeurs ne se seraient peut-être pas déclarés.


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