Réforme de la CSG pour les écrivains : les sociétés d’auteur montent au créneau !

Dans un courrier adressé au Président de la République et au Premier ministre, plus de trente organisations professionnelles d’artistes-auteurs, parmi lesquelles l’Association des traducteurs littéraires de France (ATLF), interpellent le gouvernement sur la hausse de la CSG qui, si elle intervient sans compensation pour les créateurs, occasionnera une perte de leur pouvoir d’achat.


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Monsieur le Premier ministre,

Le Projet de Loi de Finances de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2018 prévoit une hausse de 1,7% de la cotisation sociale généralisée (CSG) à compter du 1er janvier prochain. Cette augmentation importante de la CSG est toutefois compensée dès 2018 pour les salariés par une diminution des cotisations sociales de l’ordre de 3,15% (0,75% au titre de la cotisation maladie et 2,40% au titre de la cotisation chômage).

Ces deux mesures du PLFSS 2018 doivent ainsi permettre d’améliorer de 7 milliards d’euros le pouvoir d’achat de l’ensemble des actifs, les salariés comme la majorité des travailleurs indépendants qui relèvent du RSI, des mesures de compensation étant par ailleurs prévues pour les fonctionnaires.

Mais il semble que, pour l’ensemble des artistes-auteurs, qui sont eux aussi des actifs, et dont pour nombre d’entre eux les rémunérations professionnelles (droits d’auteurs, ventes d’œuvres) représentent la totalité ou l’essentiel de leurs revenus, aucune compensation ne soit aujourd’hui prévue. Ils seraient donc les seuls actifs pour qui cette mesure aboutirait à une perte sèche importante de leur pouvoir d’achat. Cette discrimination serait incompréhensible et extrêmement préjudiciable à l’ensemble de la création en France.

Pourquoi le Gouvernement déciderait-t-il d’augmenter le pouvoir d’achat de tous les actifs, à l’exception des seuls artistes auteurs d’œuvres littéraires et dramatiques, musicales et chorégraphiques, audiovisuelles et cinématographiques, graphiques et plastiques, ainsi que photographiques (article L. 382-1 et suivants du code de la sécurité sociale) ?

En effet, les quelque 260 000 auteurs et artistes de l’AGESSA et de la Mda-sécurité sociale ne cotisent pas à l’assurance chômage, qui ne fait pas partie de leur couverture sociale. Si pour eux aucune compensation à la hausse de la CSG n’était prévue, ils subiraient une perte de leur pouvoir d’achat de 1,7% et quand bien même, comme nous le supposons, ils bénéficieraient de la baisse de la cotisation d’assurance maladie de 0,75%, ils accuseraient a minima une perte de gain de 0,95% tandis que les salariés, eux, disposeront au contraire d’une augmentation de leur pouvoir d’achat de 1,45%.

Nous vous rappelons par ailleurs que les artistes-auteurs ont connu ces dernières années une hausse continue et importante des prélèvements obligatoires qu’ils supportent seuls, dans un contexte économique particulièrement difficile pour eux. Des enquêtes récentes menées sur leurs revenus par le Gouvernement attestent en effet de la précarité grandissante de leur situation. Le Président de la République a lui-même souligné dans son discours sur l’Europe du 26 septembre 2017, combien il est crucial de « défendre la juste rémunération de l’ensemble des auteurs (…) », condition sine qua non « de la dignité de l’Europe, de sa capacité à exister ».

Nous souhaitons, de toute urgence, être consultés sur les différentes mesures qui doivent au plus vite être envisagées par le Gouvernement pour préserver et améliorer les revenus des auteurs et artistes, qu’ils soient écrivains, traducteurs, auteurs de bandes dessinées, illustrateurs, plasticiens, peintres, sculpteurs, dessinateurs, photographes, graphistes, designers, auteurs du spectacle vivant, metteurs en scène, chorégraphes, auteurs et compositeurs de musique, scénaristes ou réalisateurs d’œuvres audiovisuelles, cinématographiques ou du web, auteurs de doublages et de sous titres…

Comme l’écrivent très justement le ministre de l’Economie et des Finances et le ministre de l’Action et des Comptes Publics dans leur Livret du pouvoir d’achat, « Le travail doit mieux payer pour tous les actifs », certes, mais y compris pour les auteurs et artistes !

Nous demandons à votre Gouvernement d’acter très clairement que les artistes- auteurs, comme tous les autres actifs, ne connaîtront pas de baisse de leur pouvoir d’achat en raison de l’augmentation de la CSG et que des mesures seront prises dès 2017 pour qu’ils bénéficient eux aussi d’une augmentation de leur pouvoir d’achat en 2018.

Dans l’attente de pouvoir rencontrer au plus vite vos services sur ce sujet, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, à l’assurance de nos respectueuses salutations.


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