Précarisation des auteurs : l’enquête des auteurs de bande dessinée

Cette enquête est issue des États Généraux de la bande dessinée qui ont eu lieu du 15 septembre au 15 novembre 2015, créés pour faire face et front aux propositions de modification du statut de l’auteur en 2014 et 2015.
Parue le 29 janvier 2016, cette enquête est la base de données la plus importante jamais recueillie sur les auteurs de BD francophones.


Cette enquête était adressée à tous les auteurs de bande dessinée, toutes pratiques confondues (du scénario à la couleur, du papier au numérique), afin de mieux les identifier (parcours, conditions de travail, rémunération, situation sociale, relations avec les éditeurs, perception du métier et de son évolution).
Le CR2L Picardie vous propose de découvrir les 10 points marquants qui résultent de cette étude.


Les 10 faits marquants que révèle cette enquête !

  • Une féminisation accrue
  • Une profession jeune
  • Un métier précaire
  • Un niveau de formation important
  • Un travail astreignant
  • Des ressources diversifiées
  • Une protection sociale faible
  • Des revenus médiocres
  • Un avenir incertain
  • De bonnes relations avec les éditeurs

De plus, ces premiers résultats expriment clairement une précarisation des auteurs de bande dessinée autant sur le plan des revenus que social.
Cette enquête quantitative sera complétée au cours des prochains mois par des entretiens sociologiques approfondis. Ils feront l’objet d’une publication en ligne.

Vous retrouverez de nombreux graphiques et tableaux chiffrés clairs et instructifs tout au long des résultats statistiques de cette enquête de 44 pages que nous vous proposons de télécharger ci-dessous.

 

Télécharger le document :

Faire face aux problématiques du 21e siècle !

Lors de son discours introductif Thierry Groensteen, historien et théoricien de la bande dessinée membre du conseil scientifique de cet état des lieux, a rappelé l’histoire de l’engagement des auteurs de bande dessinée lors du 20e.

Dès le tout début du 20e siècle, des Sociétés et des Associations de dessinateurs organisent des salons et rédigent des projets d’articles pour prêter assistance aux artistes et défendre leurs intérêts matériels.
En 1918, au sortir de la guerre, il y a même une Fédération des artistes mobilisés qui est instituée pour aider les dessinateurs revenus du front qui n’ont plus de travail.
Dans l’entre-deux-guerres, les dessinateurs de presse obtiennent un début de statut professionnel dans le sillage des nouveaux droits acquis par les journalistes.
Quelques dessinateurs de bande dessinée parviennent même à obtenir leur  « carte de presse ».

En 1956, sous l’impulsion de Goscinny, Uderzo et Charlier de l’agence World Press à Bruxelles se constitue un Syndicat autonome de dessinateurs et scénaristes chargé de défendre leurs intérêts collectifs.
Un projet de « charte » recueille notamment  les signatures de Franquin, Morris…
Le patron de l’agence décide d’évincer Goscinny.
Uderzo et Charlier quittent alors la World et sont avec ce dernier à l’origine de l’hebdomadaire Pilote en 1959.
Après 68, les dessinateurs de BD sont incités à prendre leur carte de presse.
Ils sont de plus en plus nombreux à se voir accorder le statut de journaliste.

Dans les années 80-90, les éditeurs de BD se transforment peu à peu en éditeurs de livres alors que les magazines historiques disparaissent (Métal hurlant, Tintin, Pilote, Pif…).
Cette évolution importante transforme les auteurs de BD en auteurs de livres.
Ils perdent la carte de presse et les avantages conquis depuis.
Dès lors, de nouveaux mouvements comme Les états généraux de la bande dessinée, sont apparus dans un contexte de précarisation de la profession et dans l’intérêt des auteurs, dessinateurs, scénaristes et coloristes.
C’est désormais à eux de trouver des réponses aux problèmes posés par la crise de l’édition, les mutations technologiques et surtout la globalisation qui fragilisent les droits acquis par les auteurs en France et en Europe.

Ce diagnostic réalisé par Les états généraux est capital pour identifier les problématiques actuelles que rencontrent les créateurs. Prochainement Les états généraux de la bande dessinée proposeront une étude qualitative qui achèvera le bilan de la profession. Commencera ensuite la phase de discussion afin de proposer des remèdes aux nombreux symptômes déjà identifiés.

Bien entendu, nous vous tiendrons informés de l’évolution de ce dossier.


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