La compétence numérique ne se limite plus à savoir envoyer un e-mail ou naviguer sur le web. En 2025, les blocages les plus fréquents concernent la maîtrise des logiciels de bureautique, la gestion des cookies et de la géolocalisation, et la capacité à évaluer la fiabilité d’une source en ligne. Ces lacunes persistent même chez des utilisateurs connectés quotidiennement, ce qui montre que l’accès à Internet ne garantit pas l’autonomie numérique.
Gestion des cookies et géolocalisation : deux angles morts de la vie privée numérique
La plupart des utilisateurs cliquent sur « Tout accepter » face à une bannière de cookies sans mesurer ce que cela implique. Les cookies tiers permettent un suivi publicitaire entre sites, et la géolocalisation, activée par défaut sur la majorité des smartphones, transmet en continu des données de position à des applications qui n’en ont pas besoin pour fonctionner.
Désactiver la géolocalisation par application plutôt que globalement reste la méthode la plus efficace. Sur Android comme sur iOS, les réglages de localisation proposent trois niveaux : toujours, uniquement pendant l’utilisation, jamais. Réserver le « toujours » aux seules applications de navigation évite une collecte de données disproportionnée.
Pour les cookies, les navigateurs Firefox et Brave intègrent nativement un blocage des traqueurs tiers. Sur Chrome, l’option existe mais reste enfouie dans les paramètres avancés. Nous recommandons de coupler ce réglage avec une extension comme uBlock Origin, qui filtre aussi les scripts de fingerprinting. Des ressources complémentaires sur ces sujets sont régulièrement traitées sur la rubrique informatique de Blog du Net, avec des guides pas à pas adaptés à chaque navigateur.

Bureautique sans licence : tableur et traitement de texte en ligne
Le frein logiciel le plus courant n’est pas technique, c’est financier. Les suites bureautiques payantes découragent les utilisateurs occasionnels, alors que des alternatives gratuites couvrent largement les besoins quotidiens.
Google Docs et LibreOffice répondent à la majorité des usages courants : rédaction de courriers, tableaux de suivi budgétaire, présentations simples. La différence se joue sur le mode de fonctionnement.
- Google Docs fonctionne entièrement dans le navigateur, sauvegarde automatiquement sur Google Drive et permet le partage en temps réel. La contrepartie : les fichiers sont hébergés sur les serveurs de Google, ce qui pose une question de confidentialité pour des documents sensibles (relevés bancaires, documents médicaux).
- LibreOffice s’installe localement, fonctionne hors connexion et gère nativement le format .odt. La compatibilité avec les fichiers .docx et .xlsx de Microsoft est correcte pour des documents simples, mais les mises en page complexes peuvent se décaler à l’ouverture.
- OnlyOffice, moins connu, propose une interface proche de Microsoft Office et une meilleure compatibilité avec les formats .docx/.xlsx, tout en restant gratuit dans sa version desktop.
Le choix dépend d’un arbitrage simple : si le document doit être partagé et modifié à plusieurs, Google Docs est plus fluide. Si le document reste personnel ou contient des données privées, une suite installée localement offre un meilleur contrôle.
Intelligence artificielle au quotidien : compétence à acquérir, pas gadget
L’IA générative (ChatGPT, Gemini, Mistral) n’est plus réservée aux professionnels du numérique. Les données 2025 montrent que son usage progresse, mais le manque de compétences numériques de base freine son adoption par une large partie de la population. Les personnes déjà à l’aise avec les outils numériques en tirent un bénéfice disproportionné par rapport aux autres.
Pour un usage quotidien, trois cas concrets méritent d’être maîtrisés :
La reformulation et la synthèse de texte permettent de résumer un long document administratif, de simplifier un courrier officiel ou de traduire un texte technique. Le gain de temps est réel à condition de relire systématiquement le résultat, car les erreurs factuelles restent fréquentes.
La génération de tableurs est un autre usage sous-estimé. Demander à un assistant IA de créer une formule Excel ou Calc pour un calcul budgétaire évite des heures de recherche dans la documentation. Le résultat est souvent exploitable directement, à condition de vérifier la logique de la formule sur un exemple connu.
L’assistance au tri des e-mails, intégrée à Gmail et Outlook, classe automatiquement les messages par catégorie. Ce tri reste perfectible (des messages légitimes atterrissent parfois dans les promotions), mais il réduit sensiblement le bruit dans une boîte de réception saturée.

Sécurité numérique : phishing et mots de passe, deux priorités concrètes
Les arnaques par hameçonnage se perfectionnent. Les faux e-mails de livraison de colis, les SMS imitant l’Assurance Maladie ou les messages se faisant passer pour une banque exploitent tous le même mécanisme : créer un sentiment d’urgence pour provoquer un clic réflexe.
Un lien légitime ne demande jamais de saisir un mot de passe via un SMS ou un e-mail non sollicité. Face à un message suspect, la règle est de ne pas cliquer et d’accéder au service directement en tapant l’adresse dans le navigateur.
Côté mots de passe, le gestionnaire de mots de passe reste l’outil le plus sous-utilisé. KeePass, Bitwarden ou le gestionnaire intégré au navigateur permettent de générer et stocker des mots de passe uniques pour chaque service. Réutiliser le même mot de passe sur plusieurs sites reste la première cause de compromission de comptes.
- Activer la double authentification (2FA) sur les comptes e-mail, bancaires et administratifs. L’application d’authentification (Google Authenticator, Authy) est plus fiable que le SMS, qui peut être intercepté par SIM swapping.
- Vérifier régulièrement si une adresse e-mail a été compromise en consultant le service Have I Been Pwned.
- Mettre à jour le système d’exploitation et les applications dès qu’un correctif de sécurité est disponible : les failles non corrigées sont exploitées en quelques jours.
La crainte de faire une erreur en ligne conduit beaucoup d’utilisateurs à éviter des services pourtant accessibles. Cette appréhension se réduit par la pratique encadrée et par la compréhension des mécanismes de fraude, pas par l’évitement. Un utilisateur qui sait reconnaître un e-mail de phishing et qui utilise un gestionnaire de mots de passe a éliminé la majorité des risques courants.



